La Cloche
Publié le

#LESINVISIBLES AVEC LOUIS-JULIEN PETIT ET CORINNE MASIERO

Les Invisibles
« J’ai essayé de placer ma caméra à un endroit, dans des centres d’accueil, pour m’intéresser à l’humain, à l’amour, à l’humour, qu’il y a aussi dans ces centres. »
Louis-Julien Petit
 

Fin 2018, nous avons été contactés par l’équipe du film Les Invisibles, inspiré du livre « Sur la route des invisibles »  de Claire Lajeunie et réalisé par Louis-Julien Petit. Séduit par l’identité de l’association La Cloche, ses actions en faveur d’un autre regard sur le monde de la rue et du passage à l’action citoyen, Louis-Julien Petit avait pensé à nous. Après visionnage du film par notre équipe avec et sans domicile, il nous est apparu évidement que son esprit correspondait parfaitement à l'univers et aux valeurs de La Cloche. C'est ainsi qu'est né notre partenariat !

 

Sortie mercredi 9 janvier 2019 au cinéma, Les Invisibles est une comédie sociale d’une justesse rare, qui déstabilise les clichés sur le monde de la rue avec humour. Jouée par des actrices non-professionnelles ayant connu la rue et des actrices de renommées comme Audrey Lamy et Corinne Masiero, le film trouve l’équilibre parfait entre feel good movie et cinéma engagé.

 

Le saviez-vous ?

En France, 40 % des sans-abri sont des femmes. De plus en plus nombreuses (rien qu’à Paris, elles seraient sept mille), on en parle peu et lorsqu’on en parle c’est souvent pour mettre en avant les violences qu’elles subissent. Pourtant avant d’être des « sans-abri » ce sont des femmes, avec leur passé, leur avenir, leur talent, leur humour… et surtout des femmes fortes. C’est ce que montre le film et c’est ce qui nous a plu, c’est pourquoi nous sommes fiers d’être partenaire de la sortie nationale ! 

L’interview par Radio Bitume

 

Bruno et Gilles, deux chroniqueurs de notre webradio « Radio Bitume », ont été invités à la journée presse, pour rencontrer l’équipe du film. Ils ont été reçu comme deux vrais journalistes, entre les interview de Brut, France et Télésoirs ! 

Cet échange avec Louis-Julien Petit et Corinne Masiero permet de mieux comprendre la vision du réalisateur, et les réalités autour de ce film. Découvrez ci-dessous un extrait de l'interview (ici avec Louis-Julien Petit).

Pour écouter l'interview en entier, cliquez 👉ICI 👈

 

 

Bruno : La Cloche c’est une association très jeune, qui sert à recréer des liens sociaux. Avec vous j’espère qu’on va réussir à faire connaître un peu plus le monde de la rue et les ambitions des gens, recréer des liens sociaux. Est-ce que c’est tiré de faits réels ?

Louis-Julien Petit : Oui bien sur, parce qu’il y a eu un documentaire réalisé par Claire Lajeunie qui a passé 6 mois dans la rue avec des femmes à Paris, ensuite elle a écrit un livre Sur la route des Invisibles où elle a parlé de son expérience avec ces femmes et centres d’accueils qui ont essayé de les aider. Elle m’a dit « tiens, peut être qu’il y a un film ». Quand j’ai lu le livre elle m’a dit « j’ai beaucoup ris ». Je lui ai demandé « Comment tu peux rire d’un sujet comme celui-ci », et elle m’a répondu « j’ai pas ris de, j’ai ris avec ces personnes ». Et ça a été quelque chose d’assez fort. Je suis parti un an dans des centres d’accueil un peu partout en France. J’ai pu découvrir des personnes, d’autres invisibles, ceux qui ne sont pas aidés à aider les autres, des travailleurs et travailleuses social.e.s, des personnes de la rue qui avaient des compétences, des vies, qui ont des vies en fait. J’ai essayé de placer ma caméra à un endroit, dans des centres d’accueil, pour m’intéresser à l’humain, à l’amour, à l’humour, qu’il y a aussi dans ces centres. 

Gilles : Est-ce que l’Envol existe ?

LJP : Oui il existe, en fait c’est pas un centre d’accueil pour femmes. C’est un centre d’accueil pour mineur.e.s sans domicile, qui est à Aras et l’autre à Béthune, dont Corinne Masiero est la marraine. C’est Bruno Lajarre qui tient ça et qui essaye d’aider. C’est la première fois où je suis allé dans un centre, avec Corinne qui m’a dit « tu devrais aller voir », parce que j’avais ce projet-là. On a posé un téléphone, y avait un gamin qui avait pas dormi depuis 4 jours et on a appelé le 115. On est resté une demi-heure, sans que personne ne décroche. Alors l’idée c’était pas d’accuser les centres d’appels et les places saturées, mais de comprendre que les règles qui sont appliquées dans ces centres ne sont pas adaptées à des trajectoires personnelles quoi. Aujourd’hui on veut du large, du gros et on n’arrive pas à faire du particulier. C’est ce qui oppose les deux personnages en fait. Audrey Lamy dans l’individu et Corinne Masierio dans le large. 

 

L'équipe de La Cloche à la rencontre de Louis-Julien Petit

 

Bruno : Et parmi les acteurs du film, est-ce qu’il y a des personnes qui sont en situation précaires ? 

LJP : Oui, toutes les personnes qui jouent les femmes accueillies ont connu la grande précarité ou la rue. Elles ont mis leur vérité au service du film, c’est-à-dire que les personnages étaient déjà écrits et elles sont rentrées dans ces personnages-là. Elles étaient déjà actrices en fait. Parce que vous vous rendez bien compte que quand on touche la rue on n’en a rien à foutre du cinéma et de la caméra et de son regard. Donc c’était beau quoi, elles sont venues avec leurs forces, leurs fragilités aussi, mais surtout leur amour et la confiance qu’elles m’ont fait et ont fait à l’équipe technique et artistique. Ça a été beau et je pense que ça se ressent dans le film, j’espère en tout cas.

 

Bruno : J’aurais voulu poser comme question à Audrey, bon elle n’est pas là. D’habitude Audrey joue des rôles comiques. Quand on la voit au cinéma, à la télé, c’est toujours des films assez marrants. Ça a pas été trop dur pour elle d’entrer dans un personnage comme celui-là ?

LJP : Non pas du tout, puis ça voudrait dire que son personnage n’est pas comique alors que je suis pas d’accord, je trouve que dans le film elle est une combattante, une résistante moderne, une femme qui accueille à merveille je crois l’assistante sociale qui est persuadée qu’une réinsertion est possible. Elle arrive avec sa force, sa tragi-comédie, à rentrer dans ce genre de la comédie sociale, c’est-à-dire à traverser des scènes d’émotion et des scènes de comédie. Parce qu’il y a des scènes de comédie avec elle aussi. Je l’avais vu dans Tout ce qui brille où elle jouait une caillera super drôle, et dans Polisse le film de Maiwen, où elle incarne un rôle un peu plus dramatique. Mais non, l’idée c’est de faire confiance.

Venez découvrir leur résilience, leurs compétences et talents, dans un film sans moralisme ni misérabilisme, rempli d’humour.

 

Soutenir nos actions

Partager cet article :

FacebookTwitterLinkedin