La Cloche
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Le kit anti-clichés pour alimenter vos débats !

Vous en rêviez ? La Cloche l'a fait pour vous !
 
Voici un article-récap' de clichés qui ont la peau dure sur les personnes sans domicile, pour vous aider à changer le regard de vos proches sur le monde de la rue !
Parce que la mobilisation commence par l'apprentissage, on vous invite à partager vos connaissances auprès du plus de personnes possible. Bonne lecture !

 

Bruno, ambassadeur de La Cloche, anime une formation sur le monde de la rue destinée au grand public.

Bruno, ambassadeur de La Cloche, lors d'une formation sur le monde de la rue pour le grand public.

 
 
Aujourd'hui, les personnes à la rue, on en voit de moins en moins : ça va mieux !

50 % C'est l'augmentation du nombre de personnes sans domicile en 10 ans, entre 2001 et 2012.

143 000 C'est le nombre officiel de personne sans domicile : ce chiffre équivaut à presque 2 fois le Stade de France rempli. La Fédération des Acteurs de la Solidarité estime quant à elle que ce nombre dépasse désormais les 200 000. D'où la nécessité d'agir, à toutes les échelles !

Ça vient d'où ? Rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre ; INSEE

 

Les gens à la rue me font peur quand je les croise, ils ont l'air instables et violents...

Une étude menée en 2010 par ATD Quart Monde dans vingt-cinq pays met en évidence que les personnes en situation de précarité sont plus victimes qu'auteurs de violence : "Aucun autre groupe de personnes n'est soumis à autant de violence, autant de ségrégation et autant de mépris que les personnes qui vivent dans la pauvreté."

 

Les personnes sans domicile préfèrent rester seules.

83 % C'est la part de personnes sans domicile qui ressentent et souffrent du rejet des passants.
L'une des premières préoccupations des personnes sans domicile est en effet l'image de soi. Sourire, discuter et apporter votre écoute à vos voisins de la rue, c'est déjà beaucoup.

Ça vient d'où ? Étude BVA / Emmaüs

 

Une femme à la rue ? Jamais vu ! Il n'y a que des hommes, et vieux en plus...

40 % C'est la part de femmes parmi les personnes sans domicile.
Ce nombre peut surprendre car les femmes sans domicile ne sont pas visibles, elles font énormément d'efforts pour se cacher et se préserver des dangers de la rue (en se fondant dans la masse en gardant une apparence impeccable, ou en prenant une apparence masculine...). Pour celles vivant à la rue, elles sont peu sur la voie publique, et préfèrent se cacher dans des immeubles et parkings.

Ça vient d'où ? Étude de l'INSEE

 

...et des enfants, encore moins ! Personne ne laisserait faire ça.

31 000 C'est le nombre d'enfants sans domicile fixe en France.
Ils sont ballotés d'hôtel social en hôtel social, quand ils ne sont pas condamnés à la rue ou, pour près de 9 000 d'entre eux, à la vie en bidonville.

 

Quand un SDF me demande une pièce, je sais qu'il va s'acheter une canette avec, du coup je préfère ne rien donner... Tous alcoolos !

21 % C'est la part de personnes souffrant de troubles liés à l'alcool chez les personnes sans domicile. Contre une moyenne nationale de (attention à vos oreilles)... 19 % !
50 % déclarent consommer de l'alcool et 50 % se déclarent abstinents.
On a cette image liée à l'alcool car les personnes alcoolisées sur la voie publique sont celles que l'on remarque le plus. Et quand c'est le cas, ce serait plutôt une conséquence de la rue (l'alcool étant l'anxiolytique le plus accessible, il permet de se réchauffer, se déconnecter de la réalité, se désinhiber pour avoir le courage de faire la manche, etc.)

Ça vient d'où ? INSEE

 

Encart explicatif : pourquoi on n'utilise pas le terme "SDF" ?

 

Les gens à la rue sont sales ! Ils ne se lavent jamais, ils ne font aucun effort...

Loin de l'image du clochard hirsute et malodorant, près de 70 % des personnes sans domicile se douchent plus d'une fois par semaine et beaucoup se douchent quotidiennement, quand bien même il est très difficile de trouver des douches et des produits d'hygiène lorsqu'on est à la rue.

Ça vient d'où ? Observatoire du Samu Social de Paris

 

Impossible de parler avec eux... Tout ce qu’ils me demandent, c’est de l’argent.

C’est faux. Le lien social est aussi important pour les personnes sans domicile que pour celles qui ont un logement. Certaines vivent en famille, ont des relations avec d’autre personnes sans domicile, des habitants ou commerçants. Pour survivre, elles doivent aussi entretenir un réseau : une concierge qui les laissera dormir sous un porche, un vigile qui acceptera qu’ils fassent la manche devant un magasin... ​Mais surtout, beaucoup souffrent de l’isolement.

 

Moi aussi, je pourrais décider de ne rien faire et de mendier pour gagner de l’argent facile...

10 euros.​ C’est ce que rapporte en moyenne une journée de manche.
Mendier est un travail de forçat qui rapporte peu, et surtout c’est une activité physique : pour espérer atteindre 30 euros par jour il faut faire ​12 heures de manche dans des lieux différents, 6 heures de marche ou 41 rames de métro en répétant le même discours. C’est surtout ​très dur psychiquement​ : honte, échec, agressions...

Ça vient d’où ? É​tude du Cerphi

 

Ce sont tous les profiteurs qui vivent à nos crochets !

25 % des personnes sans domicile ​travaillent​. 17% des personnes concernées sont en CDI, les autres en CDD, intérim ou CES et autres petits boulots.
À l’inverse, ​trouver ou garder un emploi quand on est à la rue relève du parcours du combattant : coût et accessibilité des transports, frais liés aux recherches d’emploi (correspondance, téléphone, Internet, magazines spécialisés, etc), présentation face à l’employeur (hygiène, manque de vêtements convenables, faire garder ses bagages, etc)... De plus, la stabilité de la situation d’hébergement influe sur la possibilité de trouver un emploi.

Ça vient d’où ? Étude de l’INSEE

 

Ils profitent du système, ce sont des assistés.

Le RSA d’une personne seule est de ​535€ / mois. De quoi payer son loyer, vivre dignement et « profiter » ?
Par ailleurs, ​34% des personnes éligibles au RSA ne le sollicitent pas (méconnaissance de leurs droits, complexité des démarches ou découragement sous l'effet de discours stigmatisants qui évoquent l'assistanat, la fraude ou la fainéantise...).

 

Ce sont des gens qui n’ont pas fait d’études. Quelqu’un de diplômé ne peut pas finir à la rue, c’est impossible...

Le diplôme ne protège pas systématiquement de la précarité... ​10 % des personnes sans domicile sont diplômées de l’enseignement supérieur !

 

Femme tenant un panneau : "J'en peux plus d'entendre que les personnes sans domicile sont des voleurs et des voleuses"

Opération "JPP des clichés", lors d'une animation de La Cloche.

 

À la rue, on peut survivre longtemps.

49 ans. C’est l’espérance de vie moyenne de personnes vivant à la rue en France, quand la moyenne nationale se situe autour des ​80 ans.
L’espérance de vie des plus pauvres est plus proche de l’espérance de vie au Sierra Leone (34 ans), pays qui a l’une des espérances de vie les plus courtes au monde, que de l’espérance de vie française...

 

Vivement l’été... Ça me fait froid dans le dos de voir des gens dormir dehors en l’hiver, ça doit être le pire moment de l’année pour eux !

Décembre, février mais aussi ​mai et juillet​ sont les mois où l’on recense le plus de décès.
En hiver, la politique dite « du thermomètre » pousse les pouvoirs publics à augmenter le nombre de places d’hébergement d’urgence, les accueils de jour allongent les horaires et les initiatives citoyennes se multiplient.
Tandis que l’’été, on baisse la garde alors que les personnes sans domicile risquent l’hyperthermie, la déshydratation, les chocs thermiques... Surtout, à la rue, on ne meurt pas de faim ou de froid mais d’usure et d’isolement, d’où l’importance de recréer du lien social avec nos voisins sans domicile.

Ça vient d’où ? ​Collectif Les Morts de la Rue

 

Je connais un numéro, le 115 ! Si une personne à la rue les appelle, elle aura un toit pour la nuit. C’est pas si compliqué finalement.

32 % C’est la part des demandes enregistrées (c’est-à-dire que le demandeur a réussi à avoir un interlocuteur au téléphone) qui débouchent effectivement sur un hébergement pour la nuit. Le 115 est en effet une plateforme saturée par l’augmentation de la demande, et le manque de logements !
Et c’est sans tenir compte des appels dans le vide et surtout de ceux qui n’essaient même plus d’appeler.

Ça vient d’où ? ​Baromètre 2017 du 115 de Paris

 

Les migrants vivent mieux que nos SDF à nous... Ils leur volent leur place !

Ce positionnement est dangereux et contraire à la dignité humaine et aux droits fondamentaux. Le vrai problème, c’est la hausse du nombre de personnes sans domicile françaises : ​“Les hébergements d’urgence sont remplis depuis bientôt 40 ans. Donc on voit bien que ce qu’on appelle la crise migratoire, ce n’est pas ça qui explique le manque de place en hébergement d’urgence, ce sont les déficits structurels d’une politique de lutte contre l’exclusion du logement”, ​rappelle le chercheur au CNRS Édouard Gardella.
Rappelons que "migrants" et personnes sans domicile possédant des papiers français ne sont pas pris en charge avec les mêmes dispositifs :

- Les Français peuvent être hébergés dans des centres d'hébergement, accessibles via le 115 (120 000 places)
- Les migrants qui n'ont pas déposé de demande d'asile doivent être orientés par les services du Ministère de l’Intérieur (CAO = 11 000 places)
- Les migrants ayant déposé une demande d'asile sont ensuite répartis dans les centres d’accueil de demandeurs d’asile (CADA = 25 000 places)
- Les migrants obtenant le statut de réfugiés patientent neuf à douze mois en centre provisoire d’hébergement (CPH = ​1 083 places)​
 

 

Les réfugiés sont des migrants économiques. Ils viennent ici pour gagner mieux leur vie, c’est tout.

C’est l’une des idées répandues de cette crise des migrants, alors que ​90% des 244 000 personnes arrivées par la mer sur les îles grecques en 2015 viennent de pays en guerre comme la Syrie, l’Afghanistan et l’Irak.
Ces chiffres montrent clairement que nous sommes face à une crise des réfugiés et non de migration économique.

Ça vient d’où ? ​Amnesty International

 

Il y a trop de migrants ! Ce sont eux qui ralentissent notre croissance économique.

C’est faux ! Par exemple, au 4e trimestre 2015, la Suède a connu un taux de croissance de 4,5%. Les économistes suédois l’affirment : ​c’est grâce à l’arrivée des migrants. La Suède est le pays d'Europe qui a le plus accueilli de réfugiés en 2014 et 2015 : ​1 600 000 personnes au total, pour 9,5 millions d'habitants.
En France, les dépenses publiques en faveur des réfugiés ont aussi un effet de relance sur l’économie européenne.

 

Les migrants ne viennent ici que pour profiter de notre système et toucher des allocs.

Lorsqu’ils deviennent des réfugiés (des migrants légaux) en droit de travailler, les études prouvent qu’​ils rapportent davantage qu’ils ne coûtent à la sécurité sociale.
L’effet d’attraction des prestations est par ailleurs mineur. Tant qu’ils n’ont pas le statut de réfugié, accordé en moyenne après 9 mois, les demandeurs d’asile n’ont pas accès aux mêmes prestations sociales que les nationaux et n’ont pas le droit de travailler. Ils vivent avec ​91€ / mois s’ils sont dans un centre ou ​343€ / mois sans hébergement. C’est moins que le RSA (524€ pour une personne seule) ou que le minimum vieillesse (800€).

 

Les Roms feraient mieux de travailler !

Beaucoup travaillent mais sont contraints de le faire dans le secteur informel car la législation actuelle restreint fortement voire empêche leur accès au travail salarié.
En effet, les citoyens européens ont en principe le droit de travailler sur le territoire d’un autre Etat membre de l’UE, mais les Roms et les Bulgares doivent au préalable obtenir une autorisation de travail et un titre de séjour afin d’accéder à un emploi.

 


 

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