Le Carillon
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Charly, 1er commerçant solidaire du Carillon

Charly tient une poissonnerie rue Oberkampf, dans le 11ème. C'est là que le réseau solidaire Le Carillon, créé en 2014, a débuté. Premier commerçant du réseau, il fermera les portes de sa poissonnerie le 4 juin.

À l'aube des 1000 commerçants sur l'ensemble de la France, il nous a semblé essentiel de consacrer un article au Parrain du réseau, pour mettre en avant son fort engagement (qui ne s'arrêtera pas en même temps que la fermeture de sa poissonnerie) et l'importance des commerces de proximité dans la lutte contre la grande exclusion.

Charly

Tu es le 1er commerçant du réseau solidaire Le Carillon, projet de l’association La Cloche : comment as-tu rejoins le réseau ?

Je faisais des évènements à droite et gauche et quand il y avait des personnes sans domicile je leur offrais une huitre, une crevette… la démarche était déjà faite. Une fois que Louis-Xavier [le fondateur de La Cloche] est venu nous proposer à moi et Olivier le projet en septembre 2014, on a trouvé que l’idée et la démarche était actuelle. C’est pour ça qu’on a validé de suite, parce qu’on était déjà solidaires par rapport aux personnes SDF. Le projet correspondait exactement à notre attente et à notre mentalité : moi et Olivier on est inspiré par Coluche et l’Abbé Pierre.

 

Quel a été ton rôle en tant que 1er commerçant du réseau ? Comment as-tu participé à son développement ?

J’ai eu une grosse influence envers les commerçants, d’abord du 11ème arrondissement. Ils ont vu que je proposais le projet et je suis allé les voir, pour leur proposer de faire pareil. Faut pas oublier que le 11e est un arrondissement, où nos clients, en général, sont des gens qui sont sensibles à leurs commerçants de proximité. On est allé voir les autres commerçants et ça a fait du bouche à oreille. Ils se sont dit « si Charly participe, c’est que nous on doit participer ». Pourquoi ? Parce que j’ai une influence dans la rue Oberkampf, ma poissonnerie a déjà été médiatisée, et je suis conseiller de quartier à la mairie du 11ème. C’est aussi à nous, les commerçants de proximité, de proposer le projet du Carillon aux autres.

 

Et toi, tu proposes quoi comme services ?

Boire un verre d'eau, brancher son téléphone, et la trousse à pharmacie. Et on a aussi développé avec Olivier et LX le fait de faire participer la clientèle en achetant des produits hygiéniques pour les femmes. Et ça marche super bien.

 

Charly avec l'affiche de campagne
Charly avec l'affiche de la campagne d'information de l'automne 2018, à laquelle il a participé en prêtant son image.

 

Est-ce que tu as des anecdotes à partager, sur une rencontre qui t’as marqué ?

Il y eu beaucoup de rencontres… Il y a un gars qui m’a toujours marqué. C’était un des plus grands photographes dans les années 70s. Et il avait une énergie…

Ce qui est bien avec ces gens-là, c’est qu’ils vous apprennent beaucoup de choses. Ils ont eu des situations, bonnes ou moins bonnes, aussi bien dans le marketing, dans la photo, dans la vente… Ils ont des savoir-faire. On apprend beaucoup : si je me suis engagé c’est que j’avais besoin aussi de ces gens-là, qu’ils m’apportent quelque chose. C’est donnant-donnant ! Ma grand-mère me disait toujours : « il faut savoir donner avant de recevoir ». Ces gens là me donnent tellement… c’est un engagement personnel, avec le cœur.

Du coup il y avait vraiment un lien avec ces personnes ?

Toujours. Le fait que ma poissonnerie, par rapport à d’autres commerçants qui ont les portes fermées, ait les portes ouvertes, ça fait que la communication est un peu plus libre et qu'il n'y a pas de barrière. C’est pour ça qu’on a beaucoup de personnes sans domicile qui viennent ici, c’est ouvert.

 

Est-ce que tu aurais un message pour les autres commerçants, pour les inciter à rejoindre le réseau ?

Allez-y. Y a rien à perdre !

 

Est-ce que tu as des conseils à donner aux citoyens pour lutter, à leur échelle, contre la grande exclusion ?

On a développé avec LX et Olivier l’idée de faire des « soirées moules-frites », où les citoyens peuvent participer. Ces gens qui viennent, les clients ou gens de l’extérieur, donnent 50 centimes à chaque fois à l’association. On fait un petit discours pour leur expliquer pourquoi ils donnent cet argent-là et on leur explique bien. C’est une belle action et c’est pas grand chose.

 

Tu es le 1er commerçant du réseau et aujourd’hui, sur toute la France, on s’approche des 1000. Ça te fait quoi de voir ce que l’association et son premier projet sont devenus ?

Je trouve que c’est une belle réussite. C’est parti d’un poissonnier et ça a fait crescendo. C’est magique, on espère toujours plus de commerçants et que ça se développe dans d’autres villes en France. Justement, développer les grandes villes et surtout ne pas oublier dans les petites villes, où il y a beaucoup beaucoup de ces publics. Maintenant, j'ai plus de temps libre donc en tant que parrain du Carillon, je vais aller voir tous les autres et continuer mon engagement avec l'association La Cloche !

 

Qu’est-ce que ça t’a apporté, cet engagement au sein de l’association ?

De l’humanité.

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